François Battault et Yves Battault

Depuis quand l'entreprise appartient-elle à votre famille ?

François Battault : Créée en 1874 par Gabriel Boudier, l'entreprise a été acquise par notre grand-oncle Marcel Battault en 1936. Notre famille, traditionnellement ancrée dans le négoce des vins de Bourgogne, souhaitait se diversifier car le secteur viticole était alors en crise. A l'époque, la crème de cassis de Dijon avait beaucoup de succès car elle se mariait à merveille avec l'amertume des apéritifs en vogue, les vermouths ou les vins blancs. Notre père a intégré l'entreprise en 1941 et en a pris la direction dans les années 60. Il a su développer l'activité de sous-traitance et conduit la société à une autre dimension en l'implantant dans la zone industrielle Nord de Dijon, ce qui démultipliait nos capacités de production. Notre frère aîné, Jean, l'a rejoint en 1972, puis ce fut Yves en 1982 et moi-même en 1988.

Comment expliquez-vous la longévité de la société ?

F.B. : Dès sa création, l'entreprise a fait le choix de se positionner sur le premium pour se différencier de ses concurrents. Cela reste notre marque de fabrique. Elle a également su saisir les opportunités qui se présentaient pour se diversifier et s'adapter aux évolutions du marché. L'une de nos grandes forces, c'est la flexibilité. Nous nous qualifions nous-mêmes d'« artisans-industriels », ce qui nous permet de réagir aux effets de mode de notre secteur et de répondre rapidement aux nouvelles demandes du marché.

Nos circuits de décision plus courts et notre outil industriel configuré pour nous adapter rapidement, sont très appréciés par nos grands donneurs d'ordres.

L'export a également été un formidable levier de développement depuis les années 80. Aujourd'hui, nous sommes présents dans 70 pays et les ventes à l'étranger représentent plus de 65 % de notre chiffre d'affaires. Le Royaume-Uni est notre premier marché, devant la France. Un formidable atout car les barmen-mixologistes britanniques sont les prescripteurs les plus suivis au monde.

Concrètement, comment s'organisent aujourd'hui vos activités ?

F.B. : Nous venons de repositionner nos activités de façon plus lisible avec une offre multiple organisée autour de 3 métiers : Gabriel Boudier Solutions, notre métier de sous-traitant (fabrication d'un produit ou embouteillage seul) qui représente 70 % de notre chiffre d'affaires, Gabriel Boudier Dijon (nos produits en marques propres) et Gabriel Boudier Développement (conception et réalisation de recettes de liqueurs et de bases aromatiques naturelles pour l'industrie).

Nous croyons fortement au potentiel de cette dernière activité et venons d'investir dans un nouveau laboratoire. Il s'agit là de capitaliser sur notre savoir-faire en matière d'aromatisation naturelle et de sourcing de fruits et de plantes pour développer de nouveaux produits. Nous avons ainsi décliné notre expertise « cassis » sur une large gamme de fruits, de plantes mais aussi de champignons, de thés, de cafés. Ainsi, une liqueur de thé « Earl Grey », développée pour un client japonais, a été récemment primée à un concours international prestigieux.

Quel rôle joue Crédit Mutuel Equity à vos côtés ?

Y.B. : En 2015, nous cherchions un partenaire financier « dormant » pour racheter les parts d'un actionnaire familial. Nous avons consulté plusieurs organismes et nous avons rapidement senti que l'approche de Crédit Mutuel Equity (ex CM-CIC Investissement) pouvait permettre une collaboration plus riche. Plutôt que de nous juger sur le passé, nos interlocuteurs nous aident à nous projeter dans l'avenir, de façon très bienveillante.

Aujourd'hui, ils participent activement à notre comité stratégique avec une vraie connaissance de nos marchés. Ils savent parfaitement identifier notre potentiel, parfois mieux que nous-mêmes...

  • 14,5 M€
    de Chiffre d'affaires
  • 65%
    du Chiffre d'affaires réalisé à l'international
  • 62
    personnes