Yann Rolland

Le groupe Cetih , c'est d'abord la marque Bel'M, le spécialiste français de la porte d'entrée ?

Yann Rolland : Oui, cette activité historique représente plus de 60 % de notre chiffre d'affaires et demeure la locomotive du groupe. Nous sommes effectivement depuis 10 ans le N°1 français de la porte d'entrée, même si le marché a connu de fortes mutations depuis 1995, date à laquelle j'ai pris la direction de l'entreprise. Côté produit, les portes en bois, produits phares au début des années 90, ont largement été supplantées par les portes en acier et celles en aluminium. C'est d'ailleurs sur ces derniers segments que nous avons assis notre succès et notre croissance, avec la création des premières portes monoblocs aux performances isolantes alors inédites. Le paysage concurrentiel a également évolué. La myriade de petits spécialistes a laissé place à trois ou quatre grands groupes industriels, souvent issus de l'univers de la fenêtre.

Quels sont aujourd'hui vos atouts face à cette concurrence plus structurée ?

Y. R. : Nous sommes les seuls à proposer une gamme complète couvrant tous les matériaux : bois, aluminium, acier, pvc, mixte. Toutefois, notre principale force réside dans notre capacité d'innovation. Plutôt que de nous battre frontalement sur le terrain du prix, nous préférons garder une longueur d'avance, en particulier sur les propriétés d'isolation thermique de nos portes, sur la création de systèmes d'ouverture à distance mais aussi sur le plan du design. En parallèle, nous sommes très actifs en matière de communication digitale.

La diversification dans l'univers de la fenêtre, les panneaux aérovoltaïques et les isolants, est-elle également une réponse à la concurrence ?

Y. R. : Le lancement de notre activité fenêtre avec le rachat de Swao en 2012 avait essentiellement pour objectif de pouvoir accéder à un marché qui nous échappait jusqu'alors : celui des professionnels qui réclament la livraison simultanée de lots portes ET fenêtres pour leur chantier. Les rachats de Systovi (toitures solaires) et de Neovivo (isolation des combles) s'inscrivent, quant à eux, dans une autre dynamique. Celle de pousser plus avant, via l'innovation technologique, l'optimisation du confort et des performances thermiques de l'habitat, en travaillant sur « l'enveloppe de la maison » (portes, fenêtres, toiture, isolants). Si cette démarche nous permet de créer un nouveau levier de développement pour l'entreprise, elle entre avant tout en résonance avec notre politique RSE, engagée depuis plus de 10 ans.

Une politique RSE également très active en matière sociale ?

Y. R. : Oui. Pour nous, il est important que notre culture de « l'innovation » s'exprime également dans le domaine des ressources humaines. À ce titre, on peut citer la création d'une crèche inter-entreprises (la première en Loire-Atlantique), la mise en place d'une cellule d'écoute pour nos employés en situation personnelle ou professionnelle difficile ou encore l'ouverture du capital à plus de 260 collaborateurs, toutes catégories confondues.
Un ensemble d'initiatives qui fédère nos collaborateurs et nous vaut d'être labellisés Lucie (entreprises responsables) depuis 2009.

Quel est le rôle de Crédit Mutuel Equity à vos côtés ?

Y. R. : C'est un partenaire de longue date, puisque Crédit Mutuel Equity (ex CM-CIC Investissement) (IPO à l'époque) m'a accompagné lors de la reprise de l'entreprise en 1995 puis est revenu au capital de la société en 2007, à la faveur d'une réorganisation de l'actionnariat. Les deux mots qui caractérisent pour moi notre relation sont « confiance » et « responsabilité ». De mon côté, il s'agit de valoriser au mieux notre investissement commun en développant l'entreprise.
Du côté de mes interlocuteurs, il s'agit de partager l'expérience des nombreuses entreprises de leur portefeuille à travers des conseils, des visions du marché, de l'économie comme du développement des ETI.

  • 200 M€
    de Chiffre d'affaires
  • 1300
    salariés
  • N°1
    de la porte d'entrée en France